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La vie culturelle de la ville des Cayes au 18ème siècle
G. Amazan
Pourquoi ai-je choisi cette partie de l’histoire, la vie quotidienne aux Cayes au 18 siècle ? Chez nous, l’histoire est faite surtout de guerres: les indiens contre les Espagnols, les Espagnols contre les Français, les Français contre les Anglais, la colonisation Française, la guerre de l’indépendance et les guerres civiles. Donc généralement, nous pensons toujours que l’histoire d’Haïti est une suite de guerres et, on y met tellement l’accent qu’on oublie que les genres avaient une vie privée a cette époque. C’est justement cette partie de l’histoire, en faite, qui me passionne. Naturellement ces recherches ne sont pas nostalgiques, mais elles permettent de voir et de comprendre ce que nous fûmes, ce que nous sommes, et ce que nous aurions pu être.
Quand on parle de l’histoire de Saint –Dominigue, les opinions sont très contradictoires. Il y a des auteurs qui disent que Saint –Domingue a été un enfer ; pour d’autres Saint-Domingue a été un paradis sur la terre. Naturellement seuls les faits peuvent nous aider à comprendre la vie à Saint-Domingue au 18e siècle. Malgré les opinions des historiens, il faut d’abord fait remarquer que Saint-Domingue a été considéré comme un grand jardin de la France. Ensuite, il faut retenir qu’en dépit des barrières socio-juridiques, toutes les composantes sociales ont participé à la vie de Saint-Domingue. Aux Cayes particulièrement, les femmes créoles vivaient dans le luxe, parfois excessif et ruinaient leurs maris, parce qu’elles faisaient la compétition avec les femmes de couleur qui exerçaient une grande influence sur les blancs. A St-Domingue, les affranchis et les esclaves avaient atteint une place enviable dans la société St-Domingoise.
On peut se demander comment tuait-on le temps à St-Domingue ? L’alcool, les jeux de hasard tels que les 3-D. le tabe-Tain-n, la roulette et le pair étaient des passe-temps bien prisés. Autour de la table, des jeux de fortunes se faisaient et se défaisaient. Tout cela s’accompagnait d’une certaine prostitution.
Il a été raconté que les commissionnaires Rey, Leborgne, De Fourneau , délégués par Sonthronax aux Cayes (après l’affaire Vilatte pour découvrir les ramifications entre le Sud et le Nord), auraient offert mille livres de toiles a des jeunes filles en échange de sexe, et De Fourneau en seul soir a perdu 33 mille livres dans un coup de D.
Mais la vie à St-Domingue ne se réduisait pas seulement à ces plaisirs, la lecture allait jouer un rôle important dans la vie coloniale. Eloignés de la mère patrie, les colons tenaient à en recevoir des nouvelles. Ainsi, à chaque arrivage de bateau, des journaux de France apportaient les dernières nouvelles (généralement vieilles d’au moins de trois mois). Ces journaux ont toujours rapporté l’arriération sociale et politique de St. Domingue.
Par Gédéon Amazan
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