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La rubrique socio-culturelle de Jean Francois Saint-Felix | ||||
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Les enfants et l’environnementPar: Jean Francois Saint-Felix, Port-au-Prince, HaitiLa situation écologique en Haïti fait l’objet d’un grave souci dans les milieux intéressés . D’aucuns parlent de la nécessité de décreter l’état d’urgence pour nous éviter la catastrophe qui nous guette. S’il est vrai que la protection de l’ecosystème fait partie de l’agenda des politiques publiques , il faut bien admettre que les mesures annoncées par les autorités compétentes tardent à donner des résultats. L’agronome Jean Camille Bissereth , responsable du CEHPAPE (Centre haïtien pour la promotion de l’agriculture et la protection de l’environnement) présente un tableau très sombre de la situation écologique d’Haïti . Expliquant que la dégradation de l’environnement haïtien est assez prononcée , il a souligné le grave problème que constitue l’hygiène publique en précisant que 80% de l’air que nous respirons est souillé de matières fécales. Ce qui d’après lui affecte les enfants qui sont atteints généralement de typhoïde et de diarrhée , deux maladies liées à la dégradation de l’environnement . La coupe effrénée des arbres , la culture intensive de certaines aires déclives en milieu rural et urbain , l’occupation de certaines zones insalubres ( marécages , ravins , terrains remblayés du littoral ) constituent le lot des populations pauvres . En Haïti les problèmes relatifs à l’érosion , la pollution et la disparition de certaines espèces de notre flore et de notre faune sont légions. Nos mornes autrefois verdoyants, nos forêts jadis vierges sont maintenant dénués et les pertes annuelles de terre arable sont évaluées à 17 millions de tonnes par an. Ce qui correspond à 1000h de terre érodée pour 10 cm de sol pour toutes les minutes . La réserve forestière calculée à 20% de la superficie totale du pays en 1950 était réduite à moins de 4% en 1990 pour chuter maintenant à 2%. Il pleut rarement aujourd’hui et il fait plus chaud. Les sources se raréfient, le débit des rivières diminuent et les ravines se font de plus en plus fréquentes. Cette dégradation accélérée de l’environnement a certainement des incidences graves sur la qualité de la vie des millions d’enfants haïtiens. La situation sanitaire du pays est inquiétante avec une population constituée en majorité de jeunes et où beaucoup de familles ne disposent pas de latrines .Port- au-Prince , la capitale haïtienne ne dispose pas de structures adéquates la permettant de collecter régulièrement les déchets de toutes sortes produits par la population. Monsieur Bissereth qui prévient que Haïti marche vers la désertification , regrette que nos enfants qui devraient évoluer dans un espace vert , ne vont trouver qu’un désert en héritage.Il a cité les statistiques qui montrent que les haïtiens coupent approximativement 50 millions d’arbres par an .et en plantent en moyenne un total de 20 millions.:Le déficit étant prélevé sur le capirtal forestier qui s’amenuise d’année en année . Le responsable du CEHPAPE exhorte les adultes à créer les conditions pour que les enfants puissent enfin avoir droit à un environnement sain et un meilleur espace vital. Il propose en outre d’insérer dans le curriculum un cours sur l’environnement car l’enfant bien imbu de ces réalités deviendra un défenseur de l’environnement auprès de ses parents. “ Les enfants sauront être un autre type de citoyen formé , informé et responsble , apte à prendre en charge les destinées de leur pays ” a-t-il fait remarquer . Monsieur Bissereth croit nécessaire d’ intégrer les enfants dans le récyclage des déchets ainsi que la production de compostes et de champignons . Les enfants eux aussi se font une opinion de la situation qui les concerne à plus d’un titre . Plusieurs enfants interrogés expliquent que la dégradation de l’environnement résulte de facteurs tels que : le déboisement , le déversement des immondices à la mer et l’érosion qui emporte la couche arable à la mer avec évidemment ses conséquences sur la reproduction des poissons. Judeson ,15 ans , explique que quand on compte un arbre il faut penser à en planter dix autres . Il avertit plus loin que si l’on continue à abattre les arbres à ce rythme , le pays deviendra un grand désert et l’on ne pourra trouver les fruits succulents que nous connaissons aujourd’hui . Intrrogé sur la contribution que les enfants peuvent apporter à l’assainissement de leur environnement , Judeson a répondu que les enfants peuvent apprendre à l’école comment planter un arbre et le cas échéant enseigner les adultes à faire de même . L’enfant , d’après lui , pourra embellir son environnement en pratiquant l’horticulture par exemple .
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