![]() |
La rubrique socio-culturelle de Jean Francois Saint-Felix | |||
|
Sida: Les enfants dans l’engrenage de la mort lentePar: Jean Francois Saint-Felix, Port-au-Prince, HaitiLes milieux scienfifiques et médicaux intéressés à la prévention et au traitement du VIH/ SIDA font face à une épidémie dont le rythme de propagation est carrément légendaire. Le VIH/SIDA impertubable continue ses avancées et c’est par millions qu’on dénombre ses victimes dans le monde. Le budget toujours à la hausse consacré à la recherche par les Etats n’a pas permis d’enrayer ce fléau. Selon un rapport conjoint de l’ONUSIDA et de l’OMS publié en 2003, rien que pour Haiti : “ l’épidémie de sida tue un nombre estimé de 30.000 personnes par an ,et a fait quelque 200.000 orphelins.” La prévalence nationale du VIH étant de 5-6% depuis la fin des années 1980; 66% des cas de sida de la Caraibe sont recensés chez les Haïtiens, avec environ 400,000 personnes infectées . Selon ces mêmes chiffres , 30.000 nouveaux cas ont été recensés pendant l’année 2000 dont 75% chez les individus de 25-54 ans qui constituent la force productive du pays. Les enfants sont tout naturellement dans la ligne de mire de cette maladie qui ne fait aucune discrimination. Le responsable de FAH (Fondation Agir pour Haiti), une ONG qui intervient dans la prévention contre le sida salue l’initiative qui vise la prise en charge effective de ces “orphelins particuliers” que sont les enfants infectés et/ou affectés du sida . D’après ce responsable, l’expérience de la maison arc-en-ciel , de lakou et de lakay qui s’occupent des enfants atteints du sida doivent être pratiquée sur une plus grande échelle. Les programmes de lutte contre le sida qui prennent en compte le volet d’accompagnement et de soutien ouvrent de nouvelles perspectives aux organisations concernées par le sida. L’essentiel de nos énergies étaient au départ focalisées sur la prévention estime ce responsable qui propose qu’il y ait une évaluation de l’efficacité des programmes de prévention du VIH/SIDA. Le responsible du FAH explique qu’apres l’accouchement les femmes infectées atteignent assez vite le stade de dégénérescence , ce qui fait de l’enfant un orphelin potentiel . Par suite de la mort de ses parents l’enfant fait souvent l’objet de discrimination dans son nouveau milieu d’adoption. Madame Bethie Casty qui s’est interessée pendant longtemps à la problématique de cette maladie estime que dans tous les cas l’enfant né de parents contaminés sera affecté et/ou infecté par le sida . Bethie Casty qui tente de montrer l’incidence de l’analphabétisme et de la pauvreté sur la propagation du VIH/SIDA parle de problème d’information et d’assimilation de l’information . L’état de pauvreté extrême, le manque d’estime de soi , la foi dans le fétichisme portent les femmes des couches populaires à négliger leur santé a-t-elle fait remarquer . Madame Casty s’étonne qu’en dépit de la campagne massive menée par les ONGs le nombre de femmes qui attrapent le VIH/SIDA est toujours à la hausse .Situation qui s’explique pour certains par le fait que la connaissance du VIH/SIDA soit plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Plusieurs personnes interrogées et qui militent sur le terrain de la vulgarisation d’information sur le SIDA reconnaissent que la campagne de prévention avec toutes ses limites est en train de porter des fruits. De leur point de vue, avec cette campagne enclenchée par les ONGs, beaucoup de jeunes ont appris à avoir un comportement sexuel plus responsable et les tabous sexuels liés au SIDA ont été en quelque sorte bousculés. Ils regrettent cependant la centralisation de l’information qui se fait particulièrement à Port-au-Prince et dans les grandes villes de province négligeant ainsi les jeunes des milieux reculés du pays. Toutefois , ce ne sont pas les efforts qui manquent en vue d’inverser le cours de cette pandémie.Pour ce faire , la FAH (Fondation Agir pour Haïti) s’attelle à la tâche .Au programme :La publication régulière d’articles de presse , les marches de sensibilisation , les seminaires à l’intention des jeunes , les journées récréatives et les interventions dans les écoles. Notons au passage que l’OMS-l’organisme coordonnateur pour la prise en charge de l’infection au VIH au seinde du programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA(ONUSIDA)-et les partenaires ont élaboré une stratégie mondiale complète qui permet d’offrir aujourd’hui le traitement antirétroviral à plus de trois millions de personnes.
|
|||