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22 SEPTEMBRE 1957Par: Vaniel Louis 22 Septembre 1957- 22 Septembre 2006. Quarante neuf années se sont écoulées depuis que le Docteur François Duvalier avait remporté les présidentielles en Haïti, suite à des élections organisées par une junte militaire que dirigeait le général Anthonio Th. Kébreau. La radio d'état d'alors, organe officiel de la junte, diffusait toute la journée des slogans annonçant à la population que ces élections seraient libres, sincères et honnêtes. Mais, la triste situation dans laquelle elles se préparaient, laissait prévoir même au plus profane de la politique haïtienne qu'on assistait au déroulement méthodique d'une mascarade électorale imbriquee de : -L'instauration de l'état de siége et du couvre-feu -La censure de la presse -Des arrestations illégales -De massacres des partisans de l’opposition (Daniel Fignolé). Des intrigues politiques n'en finissaient pas. Le 14 Juin 1957, le candidat Daniel Fignolé, président provisoire de la république, a été renversé par un coup d'état militaire sanglant et contraint de prendre le chemin de l'exil. Clément Jumelle, un autre candidat, persécuté, a pris le maquis et demanda à ses supporteurs de bouder les élections. Alors il ne restait que Louis Déjoie et François Duvalier à la course présidentielle. A la faveur donc d'une paix rétablie par la force des baïonnettes, le dimanche 22 septembre 1957, quelques 950.000 haïtiens s’étaient rendus aux urnes pour élire un président, des sénateurs, des députés et des maires. Le résultat ne se fit pas attendre. Duvalier remporta les élections avec 679.884 voix contre 266.992 attribués à Louis Déjoie. Double perdant car il ne pouvait se faire réélire sénateur du Sud. Les candidats duvaliéristes avaient fait main mise sur le sénat et occupé les deux tiers des sièges à la chambre basse. F. Duvalier interviewé par un correspondant du New York Times déclarait que ces élections étaient honnêtes. Pour Déjoie, dans une déclaration faite à ce même correspondant, elles étaient truquées à 85%. Peu de jours après, on saurait la vérité. Dans certains bureaux de votes bien déterminés, l'ordre provenant des autorités établies consistait à remplir les urnes de bulletins destinés à Duvalier en prenant soin de faire disparaître les urnes là ou Déjoie était très influent. En dépit des stratégies utilisées, deux cas parmi bien d'autres faisant le comique. Dans l'Ile de la Gonâve qui comptait quelques centaines d'âmes capables de voter Duvalier avait recueilli 18.000 bulletins. Le père Riou dans son ouvrage: Adieu La Tortue rapportait que dans l'Ile de la Tortue, sur un total de 900 votants enregistrés, Duvalier avait obtenu 7500 votes. Ce 22 septembre 1957 fut une date funeste pour le pays. Car Haïti allait connaitre la période la plus noire de son histoire de peuple: L'ERE duvaliérienne. Vingt ans après la chute des Duvalier, quelle leçon avons-nous tirée de cette tranche d'histoire à la lumière de nos expériences politiques vécues : c'est sûr un constat d'échecs. Avons-nous pris la peine d'analyser les causes profondes de cette débâcle sociopolitique et d’en trouver des solutions appropriées? Ce venin idéologique ne continue-t-il pas d'empoisonner notre tissu social. Pour d'aucuns, il existe en nous le désir d'être gouvernés de façon arbitraire, anti-constitutionnelle, anti-démocratique. Une hypothèse qui expliquerait bien des comportements, bien des discours, bien des silences. Mais ce qui caractérise la grandeur d’un peuple, ce n’est pas sa force de souffrir, mais sa volonté de transformer ou d’améliorer ses conditions socio-économiques et politiques, de respecter les symboles, normes et valeurs établis et de promouvoir l’entraide et la paix.
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